HÉLÈNE.--Oh! mon cher seigneur, lorsque j'étais comme cette jeune fille, je vous ai trouvé bien bon pour moi. Voilà votre anneau, et voyez, voici votre lettre. Elle dit: Lorsque vous posséderez cet anneau que je porte à mon doigt, et que vous serez enceinte de mes oeuvres, etc. Tout cela est arrivé. Voulez-vous être à moi, maintenant que je vous ai conquis deux fois?
BERTRAND.--Si elle peut me prouver cela clairement, je veux, mon prince, l'aimer tendrement, à jamais, à jamais.
HÉLÈNE.--Si je ne vous le démontre pas clairement ou que je sois convaincue de fausseté, que le mortel divorce nous sépare à jamais! (A la comtesse.) O ma bonne mère! je vous revois encore!
LAFEU.--Mes yeux sentent l'oignon, je vais pleurer. Allons (à Parolles), bon Thomas, prête-moi un mouchoir. Bien, je te remercie: va m'attendre à la maison; je m'amuserai de toi. Laisse-là tes politesses, elles ne valent rien.
LE ROI.--Qu'on nous raconte cette histoire de point en point, afin que la certitude de sa vérité nous comble de joie. (A Diane.) Et vous, si vous êtes une fleur encore fraîche et vierge, vous pouvez choisir un époux: je me charge de votre dot; car j'entrevois déjà que, par vos secours honnêtes, vous avez fait qu'une femme est devenue femme en restant vierge. Nous voulons être instruit plus à loisir de cette aventure et de toutes ses circonstances. Déjà tout s'annonce bien; et si la fin est aussi heureuse, l'amertume du passé doit la rendre encore plus douce.
ÉPILOGUE
LE ROI (s'adressant aux spectateurs.)--Le roi n'est plus qu'un suppliant, à présent que la pièce est jouée. Tout est bien fini, si nous obtenons l'expression de votre contentement, que nous reconnaîtrons en faisant chaque jour de nouveaux efforts pour vous plaire. Accordez-nous votre indulgence, et que nos rôles soient à vous. Prêtez-nous des mains favorables, et recevez nos coeurs.
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.