PREMIER SEIGNEUR.--C'est ce qu'on dit, sire.

LE ROI.--Mais c'est fort incroyable. Nous recevons la confirmation de cette nouvelle par mon cousin d'Autriche, qui me prévient que les Florentins vont nous demander un prompt secours. Là-dessus notre bon ami préjuge lui-même la proposition, et il semble désirer que nous les refusions.

PREMIER SEIGNEUR.--Son amitié et sa prudence, dont il a donné de si grandes preuves à Votre Majesté, méritent bien qu'on lui accorde la plus grande confiance.

LE ROI.--Il a décidé notre réponse, et Florence est refusée, avant d'avoir demandé. Mais pour nos gentilshommes qui désirent essayer du service toscan, je les laisse entièrement libres de se ranger de l'un ou de l'autre parti.

SECOND SEIGNEUR.--Cela peut servir d'école militaire à notre jeune noblesse, qui est malade faute d'air et d'exploits.

LE ROI.--Qui vient à nous?

(Entrent Bertrand, Lafeu, Parolles.)

PREMIER SEIGNEUR.--C'est le comte de Roussillon, mon bon seigneur, le jeune Bertrand.

LE ROI.--Jeune homme, tu portes la physionomie de ton père. La nature libérale ne t'a point ébauché à la hâte: elle a pris soin à te former. Puisses-tu hériter aussi des vertus morales de ton père! Sois le bienvenu à Paris.

BERTRAND.--Que Votre Majesté daigne recevoir mes remerciements et mes hommages!