LA COMTESSE.--Vous avez été fouetté ces jours derniers, monsieur, à ce que je crois.
LE BOUFFON.--O mon Dieu, monsieur!--Ne m'épargnez pas.
LA COMTESSE.--Criez-vous, ô mon Dieu, monsieur! et ne m'épargnez pas, lorsqu'on vous fouette? Vraiment votre ô mon Dieu, monsieur! va à merveille dans cette occasion; ce serait fort bien répondre au fouet si vous étiez seulement attaché pour le recevoir.
LE BOUFFON.--Je n'ai jamais eu tant de malheur dans ma vie pour mon ô mon Dieu, monsieur! je vois bien que les choses peuvent servir longtemps, mais pas toujours.
LA COMTESSE.--Je fais vraiment la ménagère prodigue avec le temps, de le dépenser en vains propos avec un fou.
LE BOUFFON.--O mon Dieu, monsieur!--Tenez, voilà que cela se retrouve à propos.
LA COMTESSE.--Allons, monsieur, finissons; donnez cette lettre à Hélène, et pressez-la de me faire réponse sur-le-champ; recommandez-moi à mes parents, à mon fils: ce n'est pas beaucoup...
LE BOUFFON.--Ne pas beaucoup vous recommander à eux?
LA COMTESSE.--Ce n'est pas beaucoup de peine pour vous. Vous m'entendez?
LE BOUFFON.--Avec le plus grand fruit: je suis là avant mes jambes.