LAFEU.--Une reconnaissance universelle.

PAROLLES.--J'allais le dire: vous avez bien raison.--Voici le roi qui vient.

(Entrent le roi, Hélène, suite.)

LAFEU.--Lustick, comme dit le Hollandais! J'en aimerai encore mieux les jeunes filles, tant qu'il me restera une dent dans la bouche. Eh! mais, il est en état de danser une courante avec elle.

PAROLLES.--Mort du vinaigre! n'est-ce pas là Hélène?

LAFEU.--Devant Dieu, je le crois.

LE ROI.--Allez, appelez devant tous les seigneurs de ma cour. (A Hélène.) Asseyez-vous, mon sauveur, à côté de votre malade; et de cette main rajeunie, où vous avez rappelé la vie et le sentiment, recevez une seconde fois la confirmation de ma promesse, et je n'attends de vous qu'un mot pour désigner le don que vous désirez. (Plusieurs seigneurs entrent.) Belle jeune fille, promenez vos regards autour de vous: cette troupe de jeunes et nobles seigneurs sont à ma disposition, et je puis exercer sur eux la puissance d'un souverain et l'autorité d'un père: faites librement votre choix; vous avez tout pouvoir de choisir, et eux n'en ont aucun pour vous refuser.

HÉLÈNE.--Qu'il puisse échoir à chacun de vous une belle et vertueuse maîtresse quand il plaira à l'amour! Je n'en excepte qu'un.

LAFEU.--Je donnerais mon cheval bai, Curtal, et tout son harnais, pour que ma bouche fût aussi bien garnie que celles de ces jeunes gens, et pour que ma barbe fût aussi peu fournie.

LE ROI, à Hélène.--Considérez-les bien tous: il n'en est pas un parmi eux qui n'ait eu un noble père.