PREMIER OFFICIER.--Et même, je vous l'assure, une paix conclue.

SECOND OFFICIER.--Que va donc faire le comte de Roussillon? Voyagera-t-il, ou retournera-t-il en France?

PREMIER OFFICIER.--Je vois bien par cette question que vous n'êtes pas dans sa confidence.

SECOND OFFICIER.--Dieu m'en préserve, monsieur! car alors j'aurais grande part à ses actions.

PREMIER OFFICIER.--Sa femme, il y a environ deux mois, a fui sa maison: son prétexte était d'aller faire un pèlerinage à Saint-Jacques-le-Grand; elle a accompli cette religieuse entreprise avec la piété la plus austère; la sensibilité de sa nature est devenue la proie de son chagrin; enfin, elle y a rendu les derniers soupirs, et maintenant elle chante dans le ciel.

SECOND OFFICIER.--Sur quoi cette nouvelle est-elle appuyée?

PREMIER OFFICIER.--En grande partie sur ses propres lettres, qui garantissent la vérité du récit jusqu'à l'instant de sa mort; et sa mort, qu'elle ne pouvait pas annoncer elle-même, est fidèlement confirmée par le curé du lieu.

SECOND OFFICIER.--Le comte est-il instruit de cet événement?

PREMIER OFFICIER.--Oui; et dans toutes ses particularités, de point en point, jusqu'à la plus parfaite certitude de la vérité.

SECOND OFFICIER.--Je suis bien fâché qu'il soit joyeux de cela.