PREMIER OFFICIER.--Dieu soit avec vous, noble capitaine!

SECOND OFFICIER.--Capitaine, de quoi me chargez-vous pour le seigneur Lafeu? Je pars pour la France.

PREMIER OFFICIER.--Digne capitaine, voulez-vous me donner une copie de ce sonnet que vous avez adressé à Diane en faveur du comte de Roussillon? Si je n'étais pas un poltron, je vous y forcerais: mais adieu, portez-vous bien.

L'INTERPRÈTE.--Vous êtes perdu, capitaine: il n'y a plus rien en vous qui tienne encore que votre écharpe.

PAROLLES.--Qui pourrait ne pas succomber sous un complot?

L'INTERPRÈTE.--Si vous pouviez trouver un pays où il n'y eût que des femmes aussi déshonorées que vous, vous pourriez commencer une nation bien impudente. Adieu, je pars pour la France aussi; nous y parlerons de vous.

(Ils sortent.)

PAROLLES.--Eh bien! je suis encore reconnaissant. Si mon coeur était fier, il se briserait à cette aventure.--Je ne serai plus capitaine; mais je veux manger et boire et dormir aussi à mon aise qu'un capitaine. Ce que je suis encore me fera vivre. Que celui qui se connaît pour un fanfaron tremble à ce dénoûment, car il arrivera que tout fanfaron sera convaincu à la fin d'être un âne. Va te rouiller, mon épée; ne rougissez plus, mes joues; et toi, Parolles, vis en sûreté dans ta honte. Puisque tu es dupé, prospère par la duperie; il y a de la place et des ressources pour tout le monde, je vais les chercher.

SCÈNE IV

A Florence.--Une chambre dans la maison de la veuve.