DIOMÈDE.—Madame, un mot.—Je vais vous conduire à votre père.
(Diomède emmène Cressida.)
NESTOR.—C'est une femme d'un esprit vif.
ULYSSE.—Fi donc, fi donc! tout parle en elle, ses yeux, ses joues, ses lèvres, jusqu'au mouvement de son pied. Ses penchants déréglés se décèlent dans tous ses muscles, dans tous les mouvements de sa personne. Oh! ces hardies assaillantes, si libres de la langue, qui vous font ainsi les premières avances, et qui ouvrent les tablettes de leurs pensées toutes grandes au premier venu qui les flatte, regardez-les comme la proie complaisante de la première occasion, et de vraies filles du métier.
(On entend une trompette au dehors.)
TOUS.—La trompette du Troyen.
AGAMEMNON.—Voilà sa troupe qui vient.
(Entrent Hector armé, Énée, Troïlus, d'autres Troyens et suite.)
ÉNÉE.—Salut! vous tous, princes de la Grèce. Quel sera le prix de celui qui remportera la victoire? ou vous proposez-vous de déclarer un vainqueur? voulez-vous que les deux champions se poursuivent l'un l'autre jusqu'à la dernière extrémité: ou seront-ils séparés par quelque voix, quelque signal du champ de bataille? Hector m'a ordonné de vous le demander.
AGAMEMNON.—Quel est le désir d'Hector?