ACHILLE.—Allons, allons, entrons dans ma tente.

(Achille sort avec Hector, Ajax et Nestor.)

THERSITE.—Ce Diomède est un misérable au coeur faux, un scélérat sans foi; je ne me fie pas plus à lui quand il vous regarde de travers, qu'à un serpent quand il siffle. Il fera grand bruit de paroles et de promesses, comme un mauvais limier; mais lorsqu'il les tient, oh! les astronomes l'annoncent, c'est un prodige, cela doit amener quelque révolution: le soleil emprunte sa lumière de la lune, quand Diomède tient sa parole. J'aime mieux manquer de voir Hector que de ne pas le suivre: on dit qu'il entretient une fille troyenne, et qu'il emprunte la tente du traître Calchas; je veux le suivre. Il n'y a que des débauchés ici: ce sont tous des valets incontinents.

SCÈNE II

Devant la tente de Calchas.

Entre DIOMÈDE.

DIOMÈDE.—Est-on levé ici? Holà, répondez.

CALCHAS.—Qui appelle?

DIOMÈDE.—Diomède.—C'est Calchas, je crois.—Où est votre fille?

CALCHAS.—Elle vient à vous.