Une rue de Troie.
Entrent CRESSIDA et ALEXANDRE[3].
Note 3: [(retour) ]
Alexandre est ici un valet, ce n'est pas Alexandre Pâris, il est vrai que Pandare va tout à l'heure lui dire bonjour, mais les gens comme Pandare sont les plus affables du monde.
CRESSIDA.—Qui étaient celles qui viennent de passer près de nous?
ALEXANDRE.—La reine Hécube et Hélène.
CRESSIDA.—Et où vont-elles?
ALEXANDRE.—Elles vont voir la bataille, de la tour de l'Orient, dont la hauteur commande en souveraine toute la vallée; Hector, dont la patience est inébranlable, comme la vertu même, était ému aujourd'hui. Il a grondé Andromaque et frappé son écuyer; et comme s'il était question d'économie de ménage dans la guerre, il s'est levé avant le soleil pour s'armer à la légère et se rendre sur le champ de bataille dont chaque fleur pleurait, comme si elle pressentait prophétiquement les effets du courroux d'Hector.
CRESSIDA.—Et quel était le sujet de sa colère?
ALEXANDRE.—Voici le bruit qui s'est répandu. Il y a, dit-on, parmi les Grecs, un héros du sang troyen, neveu d'Hector: on le nomme Ajax.
CRESSIDA.—Fort bien; et que dit-on de lui?