PRIAM.—Tu n'iras point.

HECTOR.—Je ne dois pas violer ma parole. Vous me savez soumis: ainsi, père chéri, ne me forcez pas à outrager le respect, mais accordez-moi la grâce de suivre avec votre suffrage et votre consentement, le chemin que vous voulez m'interdire, ô roi Priam!

CASSANDRE.—O Priam, ne lui cédez pas.

ANDROMAQUE.—Oh! non, mon bon père.

HECTOR.—Andromaque, je suis fâché contre vous; au nom de l'amour que vous me portez, rentrez.

(Andromaque sort.)

TROÏLUS, montrant Cassandre.—Cette fille insensée, superstitieuse, occupée de songes, crée tous ces vains présages.

CASSANDRE.—Adieu, cher Hector. Vois, comme te voilà mourant! comme tes yeux s'éteignent! comme ton sang coule par mille blessures! Écoute les gémissements de Troie, les sanglots d'Hécube: comme la pauvre Andromaque exhale sa douleur dans ses cris aigus! Vois, le désespoir, la frénésie, la consternation s'abordent comme des acteurs ignorants, tous crient: Hector, Hector est mort! ô Hector!

TROÏLUS.—Va t'en! va t'en!

CASSANDRE.—Adieu!... Non, arrêtons-nous. Hector, je prends congé de toi; tu te trompes toi-même, et notre Troie...