DIOMÈDE.—Tu donnes à tort le nom de fuite à ma retraite; je ne fuis pas: c'est le soin de mon avantage qui m'a fait éviter la mêlée: à toi!

THERSITE, à part.—Garde ta prostituée, Grec!... Allons, bravo pour ta prostituée, Troyen!... allons, la manche, la manche!

(Diomède et Troïlus sortent en combattant.)

(Hector survient.)

HECTOR.—Qui es-tu, Grec? Es-tu fait pour te mesurer avec Hector? es-tu d'un sang noble? as-tu de l'honneur?

THERSITE.—Non, non; je suis un misérable, un pauvre bouffon qui n'aime qu'à railler, un vrai vaurien.

HECTOR.—Je te crois; vis.

(Il sort.)

THERSITE.—Les dieux soient loués de ce que tu veux bien m'en croire; mais que la peste t'étrangle pour m'avoir effrayé! Que sont devenus ces champions de filles? Je crois qu'ils se sont avalés l'un l'autre: je rirais bien de ce miracle. Cependant, en quelque façon, la débauche se dévore elle-même. Je vais les chercher.

(Il sort.)