SCÈNE V

Une autre partie du champ de bataille.

DIOMÈDE, UN VALET.

DIOMÈDE.—Va, va, mon valet, prends le cheval de Troïlus; présente ce beau coursier à madame Cressida; songe à vanter mes services à cette belle; dis-lui que j'ai châtié l'amoureux Troyen, que je suis son chevalier par mes preuves.

LE VALET.—Je pars, seigneur.

(Le valet sort.)

(Entre Agamemnon.)

AGAMEMNON.—De nouveaux guerriers! de nouveaux guerriers! Le fougueux Polydamas a terrassé Menon. Le bâtard Margarelon a fait Doréus prisonnier; et debout comme un colosse, il brandit sa lance sur les corps défigurés des rois Épistrophe et Cedius; Polixène est tué; Amphimaque et Thoas sont mortellement blessés; Patrocle est pris ou tué; Palamède est cruellement blessé et meurtri; le terrible Sagittaire[52] épouvante nos soldats: hâtons-nous, Diomède, de voler à leur secours, ou nous périrons tous.

Note 52: [(retour) ]

C'était, suivant le roman de la guerre de Troie, une bête prodigieuse qui avait le buste de l'homme et la croupe du cheval, et qui tirait de l'arc à merveille.

(Entre Nestor.)