PANDARE.—N'est-il pas vrai? cela fait du bien au coeur de le voir. Regardez combien d'entailles il y a sur son casque. Voyez là-bas: voyez-vous? Regardez bien! il n'y a pas à plaisanter: ce n'est pas un jeu; ce sont des coups, les ôtera qui voudra, comme on dit: mais ce sont bien là des entailles.

CRESSIDA.—Sont-ce des coups d'épée?

(Pâris passe.)

PANDARE.—D'épée? de quelque arme que ce soit, il ne s'en embarrasse guère. Que le diable l'attaque, cela lui est bien égal. Par la paupière d'un dieu, cela met la joie au coeur, de le voir.—Là-bas, c'est Pâris qui passe.—Regardez là-bas, ma nièce. N'est-ce pas un beau cavalier aussi? N'est-ce pas?... Hé! c'est bon, cela.—Qui donc disait qu'il était rentré blessé dans la ville aujourd'hui? Il n'est pas blessé. Allons, cela fera du bien au coeur d'Hélène. Ah! je voudrais bien voir Troïlus à présent: vous allez voir Troïlus tout à l'heure.

CRESSIDA.—Quel est celui-là?

(Hélénus passe.)

PANDARE.—C'est Hélénus.—Je voudrais bien savoir où est Troïlus:—C'est Hélénus.—Je commence à croire que Troïlus ne sera pas sorti des murs aujourd'hui.—C'est Hélénus.

CRESSIDA.—Hélénus est-il homme à se battre, mon oncle?

PANDARE.—Hélénus? Non,—oui, il se bat passablement bien.—Je me demande où est Troïlus.—Ah! écoutez, n'entendez-vous pas le peuple crier? à Troïlus?—Hélénus est un prêtre.

CRESSIDA.—Quel est ce faquin qui vient là-bas?