THERSITE.—Adieu, de tout mon coeur.

ACHILLE.—Mais il ne chante pas sur ce ton-là, n'est-ce pas?

THERSITE.—Non; il est hors de tous les tons, comme je vous le dis. Je ne sais pas quelle musique on trouvera dans son individu, quand Hector lui aura brisé la cervelle; mais je suis sûr qu'on n'en tirera rien, à moins que le ménétrier Apollon ne prenne ses nerfs pour en faire des cordes pour son luth.

ACHILLE.—Allons, il faut que tu lui portes une lettre sur-le-champ.

THERSITE.—Donnez-m'en donc une autre pour son cheval; car il est le plus intelligent des deux.

ACHILLE.—Mon âme est émue comme une fontaine troublée, et moi-même je n'en puis voir le fond.

(Achille et Patrocle sortent.)

THERSITE, seul.—Plût aux dieux que la fontaine de votre âme redevînt claire, pour qu'on pût y abreuver un âne; j'aimerais mieux être une tique sur un mouton que d'avoir cette stupide bravoure.

(Il sort.)

FIN DU TROISIÈME ACTE.