ACTE QUATRIÈME

SCÈNE I

Rue de Troie.

ÉNÉE entre d'un côté, avec un valet portant une torche; de l'autre entrent PARIS, DÉIPHOBE, ANTÉNOR, DIOMÈDE ET AUTRES, avec des torches.

PARIS.—Voyez, qui est-ce que j'aperçois là-bas?

DÉIPHOBE.—C'est le seigneur Énée.

ÉNÉE, reconnaissant Pâris.—Quoi, prince, vous êtes ici en personne? Si j'avais d'aussi bonnes raisons, prince Pâris, de rester longtemps au lit, il n'y aurait qu'un ordre des cieux qui pût me séparer de ma belle compagne.

DIOMÈDE.—Je pense comme vous.—Salut, seigneur Énée!

PARIS.—Un vaillant Grec, Énée! Prenez-lui la main: j'en atteste votre récit même, le jour que vous nous disiez comment Diomède s'était, pendant une semaine entière, jour par jour, attaché à vous sur le champ de bataille.

ÉNÉE, à Diomède.—Portez-vous bien, brave guerrier, tant que dureront les rapports de ce paisible armistice; mais, lorsque je vous rencontrerai en armes, je vous adresserai le défi le plus sanglant que le coeur puisse concevoir ou le courage exécuter.