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Le lendemain, comme elle souffrait encore d’un reste de wagnérite, je lui contai des anecdotes sur Silvain ; j’en connaissais beaucoup.

L’histoire de la pêche dissipa son reliquat de migraine, une belle histoire, mais qu’il faut entendre narrer par le « monstre » lui-même.

Il venait de pêcher une carpe si dodue que, ravi, il s’écria :

— Y a pas, faut que je l’embrasse !

Hélas ! la carpe, qui n’aimait pas ces manières-là, ferma ses lèvres pinçantes sur le nez du tragédien ; tout de suite il s’indigna :

— La rosse ! Elle m’a mordu ! Elle a osé me mordre !… Eh bien, pour la punir, je vais la ref… à l’eau.

Et il le fit.

J’ai lu, dans un conteur de fables, qu’un autre artiste du Théâtre Français apprit (forcément par une lettre d’ami intime) que sa femme le trompait avec un camarade de la Comédie. Il manda la coupable :

— Je sais tout !