— Là haut, tenez, au bout de mon doigt. Vous ne connaissez donc pas la pièce ? Reszké tire la ficelle pour le secouer. Et aïe donc !

— Mais, bon Dieu, ce que vous prenez pour un panier, c’est le soufflet de la forge !

— Pas possible ! Vous êtes sûr que c’est un soufflet ? Ben, fallait le dire… Vous m’espliquez jamais rien ; alors, je m’embête.

— Comment ? Vous vous embê…

— Pour sûr ! Je vais me faire la paire et rentrer vivement chez moi, sans quoi, je m’endormirais.

— Dormez, ça n’a aucun inconvénient.

— Pensez-vous ! Cette sale musique m’a enrhumée du cerveau, de sorte que la moindre des choses que je pioncerais, pan ! je serais fichue de ronfler. Ça vous ferait remarquer. Je me trotte. Bonsoir. Sans rancune. Embrassez Colette de ma part.

— Non, Polaire, non, je vous en prie, ne partez pas maintenant, il faudrait déranger vingt personnes, patientez encore un instant, l’acte va être fini… Tenez, écoutez l’orchestre, c’est superbe, ce passage-là. Vous ne trouvez pas ?

Loyalement, remplie d’une bonne volonté touchante, elle écouta les violons qui, sous la direction de Taffanel, chantaient, chantaient… Mais, après dix secondes, secouant sa tête aux courtes boucles brunes, elle dit avec un peu de dégoût, les doigts écartés, comme une petite fille qui se serait poissée de confitures (ou d’autre chose) :

— Pouah ! Ça doit être plein de dièzes !