L’arôme des lauriers et des myrtes d’Athènes.

Là j’entendis se réveiller des voix lointaines

De joueuses de flûte et d’aèdes pensifs.

Souvent, tandis que l’eau brisait sur les récifs

Eclaboussant mon front de sel vif et d’iode

J’ai reconnu les chants d’Eschyle et d’Hésiode ;

D’autres fois, le mistral faisant rire un galet,

J’ai supposé qu’Aristophane me parlait…

Tous les journaux reproduisirent cette trouvaille ; deux ou trois seulement soulevèrent des objections. Parmi les rostandistes qui l’accueillirent avec plus de ferveur que de sens critique, l’excellent Jules Claretie se distingua par son exaltation. Dans un article de tête du Figaro (29 mai 1903), il écrivit, charmé de ce petit morceau qu’il comparait à des pétales de roses jetés au vent :

« … Chez ce Français de pure race, il y a de l’Athénien par la grâce et le charme, de l’Aristophane par l’ironie et le caprice. Il y a aussi du rêveur de légendes », etc.