— Diable de Richepin ! Jamais il ne veut faire mieux !

Non seulement cette légende n’afflige pas le bénéficiaire du prix Osiris (100.000 francs, ma chère), mais elle l’égaye.

… Lorsque Rostand mourut, c’est Richepin, alors Directeur de l’Académie, qui devait, conformément au règlement, déclarer digne d’entrer « in illo docto corpore » le gendelettre choisi pour remplacer l’auteur de Cyrano et de Maurice…

L’immortel défunt était poète de son état, peut-être s’en souvient-on encore ; Richepin exerce la même profession. C’est pourquoi l’Académie voulait, à ce que prétendirent quelques reporters facétieux, enjoindre au porte-lyre accueilli dans son vénérable sein, d’édifier l’éloge de Rostand non en vile prose, mais dans la langue des Dieux, qui est aussi celle de M. Jean Rameau. (Credat judæus Apella…).

Jadis, la presse parisienne discuta passionnément une action de grâces académique, précisément signée « Rostand », écrite en alexandrins réguliers. J’ai mes raisons pour me rappeler les détails de cette histoire.

Dans la Nouvelle Revue, grave recueil fondé par Mme Adam (Juliette Lamber), un certain Henry Gauthier-Villars, auteur de travaux peu lus sur le Mariage de Louis XV et autres bobards historiques, publia d’importants fragments du discours de réception « primitivement esquissé en vers » affirmait-il, « par Rostand ». En cette page inachevée, le brillant marseillais évoquait ses souvenirs de la Provence, de la Méditerranée…

J’en conviens, vous avez réalisé le rêve

Que j’ai conçu là-bas, tout enfant, sur la grève

De Provence, où le rythme immortel de la mer

Apporte, avec l’odeur du goémon amer,