Si vous étiez venue, ô Beauté que j’admire,

Nous aurions fait ensemble un repas sans rival,

J’aurais tué Pégase et je l’aurais fait cuire

Pour que vous dégustiez une aile de cheval.

D’ailleurs, l’hippophagie inspirait particulièrement Olympio s’il faut en juger d’après ce distique anxieux :

Mon dîner me travaille et même me harcèle

J’ai mangé du cheval et je songe… à la selle.

Mais, de toutes ces poésies de circonstance, c’est à peine si l’indifférente Judith se souvenait.

De son talent même — très réel — elle ne se souciait pas plus que du reste, écrivant sans effort des pages de belle tenue qui ne devaient rien aux leçons paternelles, car Théophile Gautier, elle me l’a répété souvent, lui avait donné, en tout et pour tout, ce conseil littéraire : « Ne commence pas deux alinéas de suite par le même mot, c’est laid à l’œil ».

Frantz Jourdain l’accusait de ne pas avoir « la moindre personnalité » ; c’était peut-être vrai, après tout.