— C’est la première fois que je vois sa bobine. Si vous interrogiez Benedictus ?
— Mais c’est lui qui me l’envoie demander par la bonne ! Autrement je ne vous en parlerais pas. Ça m’est tellement égal !
Effectivement, tout lui était égal à cette femme de l’Islam, aux beaux yeux noirs inexpressifs, indifférente, indolente, noyée dans le gras fondu…
Sa beauté, dont elle ne s’était jamais occupée beaucoup, les Anciens n’en parlaient qu’avec extase ; sans relâche ils me récitaient le sonnet de Victor Hugo « Judith, nos deux destins sont tout près l’un de l’autre » si fréquemment que j’avais fini par le prendre en grippe.
La mort et la beauté sont deux choses profondes
Qui contiennent tant d’ombre et d’azur, qu’on dirait
Deux sœurs, également terribles et fécondes,
Ayant la même énigme et le même secret.
Le dernier vers de ce premier quatrain, dirait-on pas de l’Henri de Régnier ?
Sur un mode plus badin c’est également à Judith Gautier que s’adressait « le Père » déplorant qu’elle eût refusé son invitation à dîner, pendant le siège de Paris (Noël 1870).