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Marietta et l’Églantine.—Ésus et Jésus.—Amalgame.—Un catéchumène.—Défense de se nourrir de la chair du cheval.—Les évêques-soldats.—Interruption.—Rentrez chez vous, bonhomme!—Rôle de la Prusse dans la mythologie du moyen âge.—Tybilinus, le dieu noir.—La petite fleur bleue.

Ceux qui me connaissent et m’apprécient témoigneraient au besoin de ma sincérité native. Même lorsqu’il ne s’agit que de fables, je ne me permettrais pas d’inventer quoi que ce soit; j’en suis incapable. Cependant, vu le merveilleux du sujet, quelques lecteurs incrédules pourraient penser que cette espèce de poëme, célébrant le triomphe de la vierge Marie sur les faux dieux coalisés, est une œuvre de mon imagination. Pour me disculper, je ne crois pouvoir mieux faire que de rapporter ici une des nombreuses traditions qui ont trait à ce grand événement. C’est un nouvel emprunt à faire à la muse finlandaise.

«Il existait alors une jeune vierge si pure, si pure, si candide, que son regard jamais ne s’était arrêté sur un autre regard que celui de ses sœurs; que jamais sa main ne s’était posée sur un des êtres de la création pour lui donner une caresse.

«Elle vivait solitaire au logis, dans le tête-à-tête de sa quenouille, ignorante de ce qui se passait même dans le cercle d’ombre tracé par le soleil autour de son habitation, et l’image d’un homme ne s’était guère plus réfléchie sous ses yeux que dans sa pensée. Sa pensée comme ses yeux avait gardé une chasteté parfaite.

«On la nommait Marietta.