Sans doute, pour l’Allemagne chrétienne ce fut là plus tard moins une affaire de conscience qu’un aliment à l’imagination; mais dans ce bon pays, à la fois croyant et rêveur, où les paroles des poëtes sont paroles d’évangile, l’imagination domine facilement la conscience, et la recherche de la petite fleur bleue en égara plus d’un, même parmi les doctes, dans des sentiers quasi-sataniques. D’ailleurs il est dans l’essence de l’esprit allemand, toujours tourné vers l’idéalité, son pôle magnétique, d’opposer au culte officiel un autre culte plus intime, plus mystérieux.
Il en était ainsi au quatorzième et au quinzième siècle; il en est encore ainsi au dix-neuvième, surtout parmi le peuple des campagnes, qui, durant son passage à travers les temps de sorcellerie, où Tybilinus dominait presque exclusivement, a complétement modifié ses croyances païennes, et transporté son Olympe sur le Broken, la montagne du Sabbat.
Voyons maintenant ce que sont devenus, parmi les habitants des bords du Rhin, leurs anciens dieux et demi-dieux de toutes les paroisses.