Pendant le repas des noces, Herman de Filsen paraissait joyeux et galant près de la nouvelle comtesse, mais il suait à grosses gouttes des efforts qu’il faisait pour le paraître, quand un petit pied de femme, blanc et menu, se dessina à ses yeux, à ses yeux seuls, au plafond de la salle du festin.

La sueur se glaça sur son front. Se levant brusquement, il courut se réfugier dans le salon, où sa femme, sa mère, ses convives, le croyant atteint d’un mal subit, le suivirent tout en désarroi.


Dans le salon, une draperie se souleva, et une main blanche, toujours visible à lui seul, en sortit, son doigt indicateur recourbé en signe d’appel.

Naguère, sans y ajouter foi, Herman a entendu conter que ce petit pied blanc, cette main blanche annoncent la présence de l’Ondine et une catastrophe inévitable.

Il croit maintenant.

L’évêque qui venait de le marier avait assisté au repas. Herman va droit à lui, s’agenouille et se confesse à voix haute d’avoir abusé de la confiance d’une jeune fille, belle et sage entre toutes, de l’avoir détournée de ses devoirs et abandonnée. Gottlieb a demandé au fleuve l’oubli de ses maux, et maintenant elle songe à se venger.

«Bénissez-moi, mon père, car je vais mourir.»