—Oui, elle est morte, et moi je vais mourir!» cria Herman avec un geste de désespoir.
La jeune épouse, offensée de ces aveux d’un autre amour, s’était d’abord tenue à l’écart; ne consultant que son cœur, elle essaya de lutter contre cette rivale invisible, et, les bras tendus, elle se rapprocha de son mari; mais il la repoussa rudement.
L’évêque commença ses exorcismes.
Tandis qu’il exorcisait:
«Que me veux-tu, Gottlieb? disait le comte; fais-moi grâce, et nous prierons pour toi. Tu pleures et tu m’embrasses tour à tour, mais tes baisers ne me sont qu’amertume, puisqu’à une autre j’ai donné mon nom, puisqu’une autre est ma....»
Il n’acheva pas. Poussant un râle aigu, il venait de tomber de tout son long sur le parquet, et à son cou on voyait le sillon gonflé et bleuâtre de l’étranglement.
Cette histoire de l’Ondine au pied blanc, à la main blanche, circule encore aujourd’hui dans toute l’Allemagne; seulement, pour les uns, le héros se nomme Herman de Filsen, pour les autres Pierre de Staufenberg.
Ainsi qu’il a ses Ondines, le fleuve a ses Ondins et ses Nixs mâles, ces derniers grands ravisseurs de femmes, grands destructeurs d’enfants, et l’épouvante des villes rhénanes.
Au milieu de la nuit, par un temps de bourrasque, un homme, enveloppé d’un manteau sombre, se présente au logis d’une accoucheuse.
«Toc, toc! hâtez-vous!... ma femme a besoin de votre aide!... Venez vite!»