L’accoucheuse le suit en s’étonnant qu’il la conduise sur les bords du Rhin, et de ne pas voir de bateau pour le passage.

«Entrez, entrez hardiment,» dit l’homme au manteau en désignant à la matrone un sentier qui de lui-même se creuse sous les eaux.


L’un menaçant, l’autre tremblant de peur, ils arrivent dans une grotte sous-fluviale. Là, sur une couche de roseaux, l’accoucheuse trouve une femme criant et se tordant au milieu des préliminaires de la maternité.

Elle entre aussitôt en fonctions, et le mari emporte le marmot, laissant imprudemment les deux femmes ensemble.

«Mon mari est un Nix, un monstre, un démon! dit aussitôt l’accouchée à l’accoucheuse; il m’a enlevée comme je lavais un matin mon linge au bord du rivage; depuis ce temps il me détient ici malgré moi. L’enfant que vous venez de mettre au monde, il est en train de le manger peut-être, mais à coup sûr il le tuera comme il vous tuera vous-même si vous ne lui gardez le secret.»

Il faut le croire, cette première sage-femme fut discrète, puisque mille autres de sa profession y ont été prises après elle.

Dans tous mes auteurs, j’ai retrouvé, à des dates différentes, cette même histoire du Nix et de l’accoucheuse, et de la fille enlevée, et du nouveau-né mis à mort par son père.