Aujourd’hui le chêne sacré est reconnu et honoré; c’est vers lui que les dévots, la nuit, des torches à la main, se rendent processionnellement pour déposer leurs offrandes.
Cette coutume a bientôt envahi toute la Celtique.
Autour de ce chêne, les druides établirent des enceintes sacrées, où se fixèrent leurs familles, car ils étaient mariés; seulement, ils ne pouvaient avoir qu’une femme; parmi les autres chefs, la polygamie était usuellement pratiquée.
Néanmoins, si le chêne eut la prééminence sur les autres arbres, il ne fut pas exclusivement adopté partout. Soit antagonisme religieux, soit simplement question de terroir, quelques provinces de la Gaule ou de l’Italie lui préférèrent le hêtre ou l’orme. Dans la Gaule particulièrement, l’orme avait le pas sur le chêne; la France chrétienne continua même de planter un orme devant chaque nouvelle église qu’elle édifiait, pour y attirer Dieu plus sûrement; et, jusqu’à la fin du moyen âge, c’est sous un orme que se rendait la justice. De là notre vieux proverbe, qui n’avait pas le sens railleur qu’on y attache aujourd’hui: Attendez-moi sous l’orme! n’était rien moins alors qu’une belle et bonne assignation à comparoir devant le juge.