Je ne détaillerai point le menu de ce festin pantagruélique, auquel rien ne manqua, ni le poisson ni la fine pâtisserie, et qui nous coûta moins cher que le plus modeste repas à la carte fait dans un mince restaurant à Paris.
En sortant de table, je n’eus rien de plus pressé que de m’enquérir de mon Anglais; il était parti. Interrogée par moi, l’hôtesse, sans prétendre attaquer son honorabilité, m’affirma que, depuis quinze jours qu’il rôdait dans le grand-duché, c’était la seconde de ses servantes à laquelle il s’attaquait: avec la première il en était venu à ses fins; il l’emmenait avec lui; quant à la seconde....
Je fus forcé de me contenter de cette phrase inachevée. Mes trois compagnons étaient déjà installés dans la voiture. A son tour, notre cocher se fâchait, criait, tempêtait, déclarant que nous ne serions de retour à Bade qu’à la nuit noire.
Comme toujours, ma curiosité restait inassouvie.
Quel drôle de petit Anglais!
VIII
Le vol au parapluie. — Métamorphose subite. — Le vainqueur des Turcs. — La collégiale de Bade. — Un futur historien. — La Favorite. — La princesse Sibylle-Auguste. — Grand magasin de bric-à-brac. — Cent quarante-quatre portraits et deux modèles. — Une cénobie. — Le carnaval après le carême.
Lettre à M. Antoine Minorel,
A MARLY-LE-ROI.