—Et comment se sert-on de cet instrument?»

Waldhantz lui mit le canon du fusil au bord des lèvres, non sans trembler un peu, mais plus d’aise que de crainte.

«Tu as ton briquet? allume maintenant.»

Après une prière mentale faite à saint Hubert, le jeune homme pressa la détente. Les échos des montagnes hurlèrent tous sous une effroyable détonation.

Waldhantz était tombé à genoux en pressant contre son front l’image de saint Hubert. Quand il se releva, le diable était encore debout devant lui, clignant de l’œil, hochant la tête, comme quelqu’un pris d’une forte envie d’éternuer.

Il éternua en effet, et, en éternuant, il expectora quelques chevrotines dans un nuage de poudre et de fumée, ce qui parut le soulager beaucoup.

«Mille torchons brûlés! quel mauvais tabac est le tien, mon garçon! il m’est tombé dans la gorge. Quand tu viendras me voir aux enfers, ce qui ne peut tarder, je t’en ferai fumer de meilleur.

—Je tâcherai de me dispenser du voyage, milord.

Baste! Quel braconnier n’est exposé à tuer son garde forestier un jour ou l’autre, par conséquent à être pendu! Au revoir donc, Waldhantz.»

Waldhantz eut la gloire de la tentative, non celle de la réussite. Cette gloire lui a suffi.