De son métier légal et reconnu, Waldhantz, horloger et mécanicien, avait su se confectionner un petit fusil facile à dérober aux yeux de l’autorité, et dont la forme trompeuse était loin de faire pressentir une arme meurtrière.
Un jour, sur l’une des cimes les plus élevées de la forêt, un homme à la chevelure noire et hérissée paraît tout à coup devant lui.
«Bonjour, Waldhantz.
—Bonjour, Satan, lui répond le hardi braconnier, qui l’a reconnu rien qu’à l’odeur de soufre répandue autour de lui.
—Que portes-tu donc à la main?
—C’est ma pipe, milord.
—Singulière pipe! Tu es un homme habile, Waldhantz, on le dit, mais je te croyais plus occupé à la fabrication de piéges et de traquenards qu’à celle des pipes. Voyons, je veux essayer de la tienne; elle me semble tout à fait originale.»
Waldhantz se trouble d’abord; puis, il lui passe par la tête le projet le plus audacieux qu’un homme ait jamais pu concevoir. Il va délivrer le monde, les races présentes et les races futures, de leur plus redoutable ennemi. C’était la réconciliation de la terre et du ciel qu’il osait tenter.
«Ta pipe est-elle bourrée? dit Satan.
—Elle l’est, milord.