Athanase ne voulait point quitter son ami La Fléchelle.

Brascassin était résolu à suivre l’exemple de son ami Athanase.

Les deux naturels d’Épernay auraient cru forfaire à l’honneur en se séparant de leur ami Brascassin.

L’orphéoniste se trouvait bien où il était, et jurait de passer la nuit à table.

Malgré ma résolution de résister à tout nouvel entraînement, que pouvais-je faire seul contre cette formidable majorité?

La parole fut donnée à Brascassin pour une motion d’ordre.

«Messieurs, laisser La Fléchelle à Seebach, retourner sans lui à Achern, serait un acte odieux que la postérité la plus reculée nous imputerait à crime. Mais le savant docteur répond que demain son client, grâce à quelques juleps de bouleau et de peuplier, sera debout et alerte. Ne pouvant plus compter sur nos voitures, je propose pour demain de gagner tous, pédestrement, non plus Achern, dont la route ne nous est que trop connue, mais Appenweier, plus proche de nous, et où le chemin de Bade s’embranche à celui de Kehl; nous pouvons ainsi, avec économie de temps, acquérir une connaissance intime de la forêt Noire.»

Un hourra unanime accueillit la proposition.

Les voitures congédiées, l’hôtelier jeta quelques matelas sur le plancher de notre salle à manger. Une heure après, nous gisions tous étendus, et fort mal à notre aise, sur nos couchettes improvisées, où des serviettes nous tenaient lieu de draps.

Seul, l’orphéoniste, fidèle à son serment, resta à table, en compagnie d’un énorme pot de bière et d’un petit flacon de kirsch.