J’accueillis modestement la proposition par un refus formel.

«Pourquoi donc? pourquoi donc? me dit l’hôtelier en insistant; Son Altesse se laisse facilement aborder, et un littérateur aussi distingué que vous, connu en Allemagne comme en France....»

Heureusement, une voix fortement timbrée vint l’interrompre au milieu de sa phrase:

«Mon ami, lui objecta Antoine, quoique littérateur très-distingué, n’est connu en France que de moi. Il ne travaille que pour moi seul.»

Et il disait vrai, ou peu s’en faut.

M. Schmitz, croyant avoir affaire à mon collaborateur en chef, lui adressa un salut non moins profond que celui qu’il m’avait adressé à moi-même à notre entrée à l’hôtel.

Ne devant prendre le chemin de fer qu’à six heures, nous avions le temps de visiter la ville et ses environs, si Jean voulait bien nous le permettre. Jean dormait, dormait profondément. Après avoir chargé son même keller de veiller sur son sommeil, nous fîmes appeler le guide attaché à l’établissement pour nous renseigner auprès de lui.

En homme habile, qui entend ses intérêts et ceux de l’hôtel, le guide nous cita dans la ville et ses environs des lieux célèbres, des monuments, des jardins, des châteaux, des curiosités, de quoi nous retenir à Bonn pendant huit jours. Si nous l’en avions cru, sous prétexte d’environs de Bonn, il nous aurait volontiers fait rebrousser chemin jusqu’à Coblentz.... peut-être jusqu’à Stolzenfels!

«Pour aujourd’hui, messieurs, nous avons à visiter le Munster, la cathédrale....

—Qu’y verrons-nous?