—Et une voiture! ajoutait Madeleine; du moins Monsieur ne ferait pas scandale dans la rue.»

Après tout, ces bonnes gens pouvaient avoir raison. J’échangeai mon bâton contre un parapluie (le même que j’avais présenté à Minorel), et je pris mon paletot de caoutchouc.

«Qui soignera Monsieur pendant ces deux jours-là? reprit alors mon vieux Jean d’un air accablé.

—Quelle cuisine vont-ils faire à Monsieur le long de la route?» dit Madeleine avec un gros soupir.

Pour mettre fin à ces doléances, je pris le pas gymnastique. Un instant après, je tournai la tête. Madeleine et Jean stationnaient encore sur le seuil de la maison, me suivant du regard, et je crus voir des larmes dans leurs yeux.

N’était-ce pas là une douleur bien légitime? trente-six heures au plus de séparation! J’aurais dû en rire. Cependant, je me sentis ému de leur émotion.


PREMIÈRE PARTIE.


I