Bientôt le comte Wolf, seigneur du vieil Ébernstein et d’une partie de la forêt Noire, vaincu, forcé de fuir, abandonné de ses alliés, renié par ses vassaux, se vit contraint d’aller demander un refuge à son parent, le seigneur du nouvel Ébernstein.
Comme il mettait pied à terre à la porte du château, un maraudeur, son guide durant la nuit profonde, lui vola son cheval, son manteau, et disparut au milieu de l’obscurité.
Maintenant voici la ballade.
«O mon cheval!... mon beau, mon brave Tador! le plus fin coursier que l’Espagne ait produit; bon à la guerre comme au carrousel, quoi, Henrich, depuis huit jours on n’a pu le retrouver?
— On a retrouvé le voleur, mon honoré cousin, et je l’ai fait pendre.
—Mais Tador?
—Il l’avait déjà vendu à la foire de Gagenau.
—Le nom de l’acheteur?
—Je l’ignore.
—O mon pauvre cheval! ô mon ami! ô misère!... Ils m’ont mis au ban de l’empire; ils m’ont déclaré traître et félon; ils ont saccagé ma ville et brûlé mon château du vieil Ébernstein; ils m’ont dépouillé de mes trésors et presque de mon honneur, et je te regrette avant tout, mon bon cheval de guerre, mon brave Tador!