Eh! que ne me laissait-on achever mon voyage! Était-ce donc pour me punir qu'on m'avait relégué dans ma chambre?—dans cette contrée délicieuse, qui renferme tous les biens et toutes les richesses du monde? Autant vaudrait exiler une souris dans un grenier.
Cependant jamais je ne me suis aperçu plus clairement que je suis double.—Pendant que je regrette mes jouissances imaginaires, je me sens consolé par force: une puissance secrète m'entraîne;—elle me dit que j'ai besoin de l'air et du ciel, et que la solitude ressemble à la mort.—Me voilà paré;—ma porte s'ouvre;—j'erre sous les spacieux portiques de la rue du Pô;—mille fantômes agréables voltigent devant mes yeux.—Oui, voilà bien cet hôtel,—cette porte,—cet escalier;—je tressaille d'avance.
C'est ainsi qu'on éprouve un avant-goût acide, lorsqu'on coupe un citron pour le manger.
O ma bête, ma pauvre bête, prends garde à toi!
FIN DE VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE.