Mais plus tard, dans les empyrées
Lorsque nous nous retrouverons
Alors, de vos chairs déchirées
Nous! C'est le sang que nous boirons.
Et voilà ma modeste poésie. Est-elle bonne? mauvaise? Que m'importe! Je crois qu'elle exprime bien le chant des Pieds-Noirs et de toutes les tribus éparses qui végètent encore sur le sol américain.
VII
LA VIE LIBRE
Le trappeur Gallot. — La Fête de la Médecine. — Le docteur La Poudre. — Le bon et le mauvais esprit. — La chasse est contremandée. — Mes petits talents de société. — Tayaut! Tayaut! chez d'honnêtes gens.
L'été passa vite, en chasses d'agrément, en pêches, en flâneries de toutes sortes. Mais l'hiver vient promptement au Canada, et l'on dut songer aux préparatifs en vue des grandes expéditions. Les femmes mirent donc en état les habits fourrés de leurs maris. Je fus également équipé en trappeur, et je n'y faisais pas mauvaise figure. Il est vrai qu'on m'avait gâté. Mon complet, en zibeline, s'il vous plaît, était brodé sur toutes les coutures d'ornements en soie de couleurs éclatantes ; j'avais aux jambes des bradines en poil de porc-épic, mêlé de verroterie ; et mes mocassins, en peau de chevreuil, les meilleurs pour la raquette, défiaient toutes les froidures.
« Quand partons-nous? demandai-je, très impatient, au grand chef.
— Je ne sais au juste, me répondit Natos-Apiw ; le jongleur va venir pour la Fête de la Médecine ; il décidera de notre sort ; je ne fais jamais rien sans le consulter.