« Hein! que pensez-vous de cela? Ma journée a été complète, et ma nuit aussi. Récapitulons. Le matin, le Shérif. Ensuite M. Louveau. Puis les petites salutistes. Après les Chapeaux-Blancs. Et, pour combler la mesure, la pancarte à la tête de mort.

« Eh bien, mon cher ami, je vous déclare que j'en ai assez. Je n'y tiens plus, et je m'en vais… Si vous avez des commissions pour Paris, je prends le train ce soir. »

Je n'avais aucune commission pour Paris, j'avais encore moins envie de rester à Des Moines, et je partis le soir aussi, mais à côté du train, suivant ma constante habitude.

XI
UNE PAGE D'HISTOIRE[1]

Pourquoi Gallot préfère marcher. — Une raison de premier ordre. — La ville de St-Joseph. — Ses origines. — Sa fondation. — Une lettre. — Document d'histoire.

[1] Ce chapitre a été intercalé par moi et écrit par un ami.

(Note de l'Auteur.)

Il faut dire que Gallot a toujours eu une raison majeure de prendre rarement le train. Ne croyez pas que c'est parce qu'il est un marcheur intrépide et audacieux qu'il néglige les autres moyens de locomotion. Non! Ce n'est pas là le motif vrai.

Gallot est surtout un curieux, un chercheur, ce qu'on appelle à Paris un fouinard. Il faut, quand il va dans un endroit quelconque qu'il se rende compte des origines, des mœurs, des us et coutumes des habitants. C'est ce qui lui a permis de faire quelques trouvailles heureuses de nature non seulement à intéresser ses lecteurs, mais encore et surtout de servir de document à l'histoire des lieux qu'il a traversés en touriste que rien n'émeut, n'étonne, n'arrête.

Si de Des Moines il fût parti emporté par un train quelconque, il eût traversé des sites, des localités, qu'il n'eût pu voir à son aise, ni admirer, ni apprécier, et certes cela n'eût pas fait son compte.