« J’assiste aux amours saphiques, » disait le poète.

Et gentiment Mésange expliqua que cela signifiait des amours illustrées par Sapho, une courtisane de l’antiquité qui avait les mêmes mœurs que Paulina du Colorado

Mais Fernand, méfiant soudain, insinua, sournois, que c’était tout de même bizarre que Mésange sût la signification de « mots pareils, » des mots qu’on ne prononce pas tous les jours…

— Saphiques ! répétait Fernand… Saphiques ! comment peux-tu, toi, savoir ce mot-là !

— Ah ! mais dis donc, sursauta Mésange, tu as l’air de dire que j’en suis aussi, de la corporation des Sapho !

— Tu en as peut-être été… sonda Fernand…

Du coup Mésange, honteuse et furieuse, fondit en larmes ! Et Fernand, gêné de son ignorance et de sa brutalité, la prit tendrement dans ses bras, et la consola avec des tas de baisers !

Les études reprirent de plus belle.

Et cette femme qui paraissait bébête sur les planches, dont le répertoire faisait hurler les gens sains d’esprit, savait, de très exacte façon, donner un semblant de raffinement, d’élégance élevée, et presque littéraire, à des données de chansons piteuses à la lecture.

Elle savait comprendre, elle utilisait les effets et les indiquait à Fernand, élève soumis et zélé ; mais elle aurait été incapable de les faire valoir elle-même.