Blanche regardait le calamiteux musicien avec des yeux farouches. Grandsec protesta :

— Je n’ai rien raconté à des journalistes ! Je ne sais comment cela s’est fait.

— Enfin ! vous avez parlé ! Vous avez dénoncé notre pacte ! pourquoi ? comment ? et comme c’est bête ! Ça vous ennuyait donc bien de gagner beaucoup d’argent ?

— Je ne puis arriver à y rien comprendre ! se défendit Grandsec. C’est vrai ! j’ai eu tort ; j’ai commis l’indiscrétion. Mais il n’y avait là que des amis. C’était au Rat-Mort.

— Quand vous êtes saoul, tout le monde, c’est des amis ! Vous étiez saoul ! articula Blanche, durement.

Grandsec eut un réveil de fierté sous l’injure. Il répondit :

— Ce serait en tous cas une circonstance atténuante. Je vous félicite, madame, si vous n’avez jamais eu que des vertus. Moi, j’ai des vices, je le reconnais humblement.

Il reprit, s’adressant à Fernand :

— Écoutez, je vous fais toutes mes excuses, et je vous apporte le moyen de tout réparer. Je vais vous écrire une lettre que je vous autorise à communiquer aux journaux, et où je m’inscrirai moi-même en faux contre mon stupide bavardage de l’autre nuit ! Je ne peux pas mieux faire, voyons, et la pénitence rachètera le péché.

Mais Fernand n’était pas en état de rien entendre.