— Au revoir, monsieur Fernand ! jeta-t-elle en montant en voiture. Mais rappelez-vous ce que je vous prédis. Vous serez peut-être un jour notre camarade à nous ! Où veux-tu que je te dépose, toi, Lourbillon ? Allons ! grimpe ! Au revoir, monsieur ;… et les yeux accrochés sur le sourire éclairé des trente-deux dents blanches de Fernand, Mésange prit dans sa menotte dodue et lisse la main souple et fine du jeune homme qui tressaillit au contact de cette gaîne de chair moite et chaude.
Fernand resté seul regagna vite son logement. Il était une heure du matin, sapristi ! et il lui fallait se lever à six heures.
Dans le fiacre qui emportait les deux « principaux artistes de music-hall, » Lourbillon, goguenard, glissa à Blanche Mésange, en allumant sa cigarette :
— Hé ! hé ! dis donc ! est-ce que ce ne serait pas le fin pépin qui pousse… tu l’as beaucoup regardé, ce Fernand ?
— Tu es fou ! protesta Blanche. Moi ? Tu sais bien qu’il n’y a rien à faire pour personne !
— Il ne faut pas dire : « Fontaine… »
— Tiens, tu m’assommes. Tais-toi. Je dors !
Elle se rencoigna, en effet, dans le fond du coupé. Mais elle ne dormit pas. Elle rêva.
II
Boulevard Saint-Denis, presque au coin du faubourg, à deux pas de la porte Ludovico Magno, c’est le Café de la Chartreuse.