— Monsieur Oscar Grindot.

Les deux hommes se saluèrent. M. Oscar Grindot tendit la main à Fernand et très aimable :

— Enchanté, monsieur ! Je serais le seul être au monde à ne point vous connaître ; mais je vous connais et je vous apprécie infiniment !

M. Oscar Grindot, bien qu’ami sérieux et payant cher ses plaisirs, n’avait rien d’un Dandin ou d’un Sganarelle. C’était un gros homme, ventru, ayant passé la cinquantaine, à la physionomie un peu vulgaire et un peu dure, brun avec une forte barbe noire. L’acuité un peu gênante du regard était corrigée par le sourire nettement lippu d’une bouche affable et sensuelle. — On sentait qu’il savait assez compter pour pouvoir dépenser beaucoup, sans mécompte, et se montrer très généreux sans déséquilibrer son budget.

— Nous causerons mieux les pieds sous la table ! Le déjeuner doit être prêt, ma chère enfant ?

— Il n’attend que nous, mon ami.

— Eh bien, allons !

Il offrit son bras à sa maîtresse, avec les grâces les plus correctes, et l’on passa dans la salle à manger.

Le service était dirigé par un maître d’hôtel impeccable. Fernand, malgré son désir de paraître acclimaté à toutes les mondanités, se sentait influencé. Mâtin ! il avait eu, lui aussi, des larbins, mais comme celui-là, jamais ! Elle se mettait bien, Chérie Chéron !

— Monsieur, déclara enfin le seigneur et maître de cette beauté si bien lotie, après que la conversation eut épuisé les banalités préliminaires — je mets à la disposition de mademoiselle Chéron, qui les consacre à commanditer votre affaire, cent mille francs. Votre apport personnel est de…