Au bois de Meudon,
Un jour avec Blaise.
Il battait la mesure sur le plancher avec une énorme canne, et le rythme, scandé de telle façon, aidait les pauvres femmes à mieux retenir une musique qu’elles ne pouvaient apprendre autrement qu’avec de la mémoire !
Aucune d’elles n’avait de piano et ne savait solfier une note ! Toutes ignoraient la plus petite règle musicale. On leur rabâchait l’air pendant une semaine ou deux, et, quand elles savaient les paroles par cœur, en route pour la scène !…
Parmi celles qui ce jour-là faisaient partie du troupeau docile, était une jeune fille de 16 ans à peine.
Un jour qu’elle regardait les affiches manuscrites collées sur les vitres d’une crèmerie de la rue du Temple, afin de trouver une patronne en quête de « petites mains, » elle fut abordée par un monsieur qui stationnait là, depuis un bon bout de temps, dévisageant toutes les jeunes filles venant en nombre chercher des adresses d’ateliers ayant besoin d’ouvrières.
Le monsieur attendit qu’elle eût traversé la chaussée et, lui tapant sur l’épaule, lui demanda combien elle désirait gagner par jour.
— Deux francs comme toujours.
— Je vous offre cinq francs, mademoiselle !
— Pour quoi faire, monsieur ?