D’autres camarades à lui, trop beaux pour faire quelque chose, venaient souvent, le lundi, et les autres jours aussi, du reste, villégiaturer dans ces parages. Et Polas songeait que ces messieurs n’avaient pas leurs pareils pour organiser un boucan, souffler dans des clefs forées, et chiper aux pattes une réputation naissante.

— Ça sera rare — marmonnait l’ulcéré gentleman, longeant le fleuve, en sifflet, tube et escarpins — si je ne dégote pas par là le gros Victor et sa tierce !

Le gros Victor et sa tierce, c’est-à-dire cinq ou six de ses copains, étaient en effet, non loin du viaduc, dans le fossé des fortifications, allongés le ventre dans l’herbe et la cravate lâche, se laissant vivre !

— Tiens ! ce vieux Salop !

— Polas !

— De cœur !

— Il passe, et repasse !

— Et le voilà !

Le baryton des Bateaux-Fleuris expliqua sans plus tarder « ce qui l’amenait ». Il y avait un sale petit type, avec une voix de grenouille, qui voulait lui soulever sa place au concert. Il fallait, dare dare, aller lui faire ramasser la pipe — lui, Polas, se chargeait de placer les frères mirontons ! — et chuter ce Fernand de malheur, de façon à lui ôter pour toute sa vie l’idée et le goût de montrer sa viande sur les planches !

C’est ainsi (tout se recommence !) que les amis de Pradon montèrent jadis une cabale contre la Phèdre de Racine.