« Tourne la bobinette, la chevillette cherra ! »
En effet, la clef était sur la serrure. Fernand tourna la bobinette et la chevillette chut.
Il se trouvait dans une sorte d’atelier, très drapé de tentures et envahi de clarté de par une large baie, en façon de vitrail. Au fond, sur un divan oriental, Lilith Jocelyn, absolument nue, rousse et blanche, bellement allongée et couchée sur le ventre, avait l’air d’une nymphe de Henner, éclatante et nacrée, attendant son cadre !
Elle dit, en se redressant sur un coude :
— Retire la clef maintenant, mon chéri !
Et sautant sur ses pieds, les bras ouverts, levés légèrement, si bien que ses deux seins, exquisement pâles et ronds, venaient en parade au devant de l’arrivant, les cuisses longues, grasses, souples, le sourire offert et les yeux flambants, elle marcha vers Fernand totalement hypnotisé, et demeuré, cloué le dos à la porte, comme une chouette à un volet.
— Eh bien ? c’est tout l’effet que je te produis ? murmura-t-elle, venue à se coller contre lui et lui entourant le cou, mettant à ses oreilles la fraîcheur moite de ses poignets.
Et brusquement :
— Ote ces habits, arrache ces voiles, ô ma statue, qui mettent entre mon désir et ta beauté, une barrière de gêne et de convention !
Elle lui appuya aux lèvres un baiser violent et enlaça ses jambes aux siennes.