LA
CONFÉDÉRATION BALKANIQUE
PAR
JIVOIN PÉRITCH
PROFESSEUR DE DROIT A L'UNIVERSITÉ DE BELGRADE (SERBIE)
Extrait du Bulletin de la Société de Législation comparée, de Janvier 1912.
PARIS
LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE DROIT ET DE JURISPRUDENCE
20, Rue Soufflot, 20
1912
LA CONFÉDÉRATION BALKANIQUE
Il est des États qui se maintiennent d'une façon toute négative. La Turquie nous fournit, à ce point de vue, un exemple caractéristique. Bien que l'Empire ottoman constitue, à tous les égards, une anomalie parmi les États européens, il n'en est pas moins toujours debout. Sans doute, ne se tient-il pas tout à fait droit, sans doute chancelle-t-il, mais il est néanmoins vrai qu'il subsiste. C'est un malade certainement, mais ce n'est pas un mort. Et c'est un malade dont la maladie dure depuis si longtemps qu'on commence à douter qu'elle cessera jamais, une maladie éternelle, c'est-à-dire, une vie éternelle, puisque la meilleure garantie d'exister, c'est la durée de la maladie, la mort ne venant qu'après la cessation de celle-ci. La maladie c'est l'ennemie de la mort. La maladie c'est la vie. Il paraît que la Turquie le comprend ainsi; aussi soigne-t-elle sa maladie, comme les autres États soignent leur santé. Tandis que ceux-ci vivent de santé, la Turquie vie de maladie.