—Maman, je cherche à attraper une mouche qui m'importune, afin de la tuer.»
Le lendemain, la maman était fort occupée à écrire une lettre, et Mélanie se dérangeait à chaque instant pour lui demander une chose ou une autre, et souvent aussi pour le seul plaisir de parler.
«Il me semble, ma fille, que tu fais absolument comme la mouche d'hier; seulement, la mouche est une petite bête sans raison; et toi, tu es une enfant intelligente.»
Mélanie baissa la tête avec confusion; elle retourna à sa place et ne dérangea plus sa mère.
LA COMPLAISANCE.
Solange se promenait dans les champs; elle suivait un joli sentier, lorsqu'elle remarqua qu'il était tout parsemé de haricots blancs. La petite fille se mit à les ramasser, et en eut bientôt rempli son tablier. Elle rejoignit, en les ramassant toujours, un petit garçon qui conduisait un âne chargé d'un sac. L'enfant venait seulement de s'apercevoir que ce sac était troué; il pleurait ses haricots perdus. Solange lui montra qu'elle les avait ramassés et les remit dans le sac, qu'ils lièrent à eux deux à l'endroit de la déchirure. Le petit garçon remercia bien Solange, et continua sa route.
LA GRAND'MÈRE AVEUGLE.
«Appuyez-vous sur moi, grand'mère, n'ayez pas peur! quoique je sois petite encore, je vous conduirai aussi bien que votre bonne.
—Mon enfant, je ne veux pas que tu restes tristement à promener une pauvre aveugle comme moi, au lieu d'aller jouer avec tes petites amies.
—Grand'mère, quand j'étais toute petite, et que vous y voyiez clair, vous me portiez dans vos bras et vous me prêtiez vos jambes pour aller partout: moi, je veux aujourd'hui vous prêter mes yeux pour vous conduire.»