Comme Hélène disait cela d'un vilain ton rude, la petite bête souleva la couverture rayée de son dos: deux ailes plus fines que la gaze sortirent de dessous cette couverture, et elle prit son vol.

RAYMOND.

«C'est bien fait!

SUZANNE.

Non, mon frère, ce n'est pas bien fait, puisque Hélène pleure!»

Le petit garçon, honteux d'avoir fait pleurer sa soeur qu'il aimait beaucoup, s'éloigna. Au bout d'un instant, il revint avec un bouquet de fraises qu'il apportait à Hélène. Elle l'embrassa, et les trois enfants mangèrent les fraises; puis ils coururent vers l'endroit où Raymond les avait trouvées, pour en cueillir d'autres. Suzanne jeta un reste de mie de pain qu'elle avait conservé de son déjeuner afin d'avoir les mains libres, et elle fit aussi un bouquet de fraises, où il y en avait de bien rouges, de roses, de vertes, et d'autres enfin qui n'étaient qu'en fleur. Ils s'assirent sur le gazon, car ils étaient bien fatigués.

HÉLÈNE.

«Petits! regardez donc cette fourmi qui emporte une mie de pain dix fois grosse comme elle! elle peut à peine la traîner. Pauvre petite bête! la voilà qui rencontre en son chemin un morceau de bois, et elle ne peut pas enlever sa mie pour la passer par-dessus.

SUZANNE.

Tiens! elle la laisse.