«Madame, voulez-vous bien nous permettre de manger un peu de ces cerises qui tombent sur l'herbe; nous sommes bien fatigués, et nous avons grand' soif.

LA VIEILLE.

Oui, ma petite demoiselle; mangez-en tant qu'il vous plaira, puisque vous êtes si polie.»

Pendant que les enfants mangeaient les cerises, la vieille, ayant achevé de remplir son panier, descendit de l'échelle; puis elle la prit et la cacha dans les broussailles au long du rocher; ensuite elle s'approcha des enfants et leur dit:

«Mes petits amis, voulez-vous venir dans ma maison?

RAYMOND.

Nous le voulons bien, car le soleil nous grille.»

Ils la suivirent sur le haut de la montagne, et, ayant encore tourné au coin d'un gros rocher, ils virent une vieille maison dont le toit était couvert de pierres plates toutes cassées. Au lieu de vitres à la croisée, il n'y avait que du papier huilé qui ne laissait presque pas entrer de jour, et il faisait bien sombre dans l'intérieur.

La vieille voyant les enfants très-fatigués, les mena dans un des coins de la chambre où se trouvait un gros tas de paille de maïs: ils s'y étendirent tous les trois en riant et furent bientôt endormis.

Au bout de deux heures, Suzanne se réveilla la première, et dit: «J'ai faim!» ce qui réveilla son frère et sa soeur.