--Je sais Notre Père et Je vous salue, Marie.

--Dis-les donc tout haut.»

Jeanne les récita sans en manquer un mot. Quand elle eut fini, comme elle restait encore à genoux, la mère Nannette lui demanda:

«Que dis-tu donc encore?

--Je demande au bon Dieu d'avoir pitié de nous et de bénir tous ceux qui nous assistent; je dis votre nom le premier et celui de Mme Dumont après. Maman me l'a fait dire comme cela hier.»

La messe sonna, et la mère Nannette prit ses beaux habits. Elle regarda la petite Jeanne, et, lui voyant un fichu tout déchiré, elle lui en mit un des siens; puis elles partirent pour l'église, emportant chacune sa chaise.

Pendant toute la messe, Jeanne tint un chapelet que lui avait prêté la mère Nannette, et dit ses prières. Elle ne tourna point la tête pour voir qui entrait ni qui sortait; elle se mettait à genoux en même temps que tout le monde, et se relevait comme les autres.

M. le curé, après la messe, demanda à la mère Nannette où elle avait pris cette enfant-là. Alors elle lui raconta l'histoire de Catherine.

«Mère Nannette, vous êtes une digne femme, lui dit-il; la parole de Dieu n'est pas perdue pour vous.»

Retour de Catherine.