--Moi, je mets une couche de paille et une de terre sur mon fumier chaque fois que grand Louis nettoie l'étable; j'empêche comme ça qu'il ne sèche, et la paille et la terre qui le couvrent deviennent un excellent engrais. Faites de la litière jusqu'au ventre à vos bêtes, et tenez propre le devant de votre porte, vous verrez comme vous vous en trouverez bien!

--Qui est-ce qui t'a donc appris tout ça, Jeanne?

--C'est Étienne Durand, le gendre de maître Tixier du Grand-Bail.

--Il veut donc changer toutes les coutumes, celui-là?

--Il ne veut rien changer; il veut seulement faire mieux, et il s'y entend bien; grand Louis dit que c'est un excellent cultivateur.»

Jeanne a grande envie d'avoir une vache.

Jeanne désirait beaucoup avoir une vache, et en parlait souvent à son mari, qui lui disait:

«Ma pauvre femme, tu as deux enfants à soigner, bientôt trois; si Mme Isaure t'en donne un a nourrir, ça fera quatre; je te demande si tu pourras t'occuper de ta vache!

--Je prendrai pour m'aider cette pauvre mère Henri qui demande son pain, et elle viendra pour peu de chose. Elle gardera mes bêtes aux champs, puis elle ira à l'herbe; je n'aurai que la peine de traire la vache et la chèvre, de soigner le laitage, et tu nettoieras l'étable le soir. Car, vois-tu, je veux avoir une vache bien propre; je la ferai étriller tous les jours, comme Étienne Durand fait au Grand Bail; j'ai remarqué, que, quand elles ont le poil bien brillant, elles donnent plus de lait et du meilleur.

--Si tu veux te faire aider, c'est différent, parce que je n'entends pas que tu te tues à l'ouvrage, je t'en avertis. L'autre jour, le maréchal m'a proposé un cheptel; veux-tu que j'aille lui demander s'il est toujours dans la même intention?